lundi 7 janvier 2008

Un déplacement qui inquiète!

Quoiqu'en dise la PDG de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ), avant 2004, les conservateurs en chef et adjoint chargé de « l'action régionale » avaient leurs bureaux permanents à Québec. Aujourd'hui, les titulaires demeurant à Montréal et n'étant à Québec que quelques jours semaine, il est difficile de ne pas réagir à l’affirmation que « la direction des Archives nationales n'a pas bougé de Québec».

Que la mission du Centre d'archives de Québec relégué à un simple centre régional ait été renforcée n'en fait pas pour autant le siège social prestigieux d'antan : La Maison  des Archives. Le déplacement du centre de décision vers Montréal, s'il en reste un, inquiète. Bien plus, les ANQ n'existent plus, elles n'ont plus de personnalité. Elles sont devenues une direction générale, au même niveau que celles de la gestion interne. Et muette : ne cherchez pas sur Internet les textes des allocutions du conservateur des archives, il n’y en a que pour la présidente-directrice générale!

Même l’histoire de l’institution ne débute qu’en 1967, année de création de la BNQ. Pierre-Georges Roy, premier archiviste du Québec en 1920 : jamais existé. La Loi sur les archives de 1983 : un malencontreux oubli du webmestre! Il n'y a que pour la Bibliothèque nationale et la Grande Bibliothèque. Dans le rapport annuel 2006-2007, à peine 6 pages sur 11O relatent les activités liées aux archives. Impossible de consulter ceux des ANQ d'avant 2004. Les archives électroniques de l’institution parlent par elles-mêmes.

Comment en sommes-nous venus là? Comment la profession a-t-elle pu se laisser monter un tel bateau? Et les historiens, clients des archives, sources premières de leurs contributions sociétales, ont-ils perdu leur voix? Aucune nation qui se respecte n'aurait accepté une telle rétrogradation. Le Canada a fondu ses Archives à sa Bibliothèque

Nationale pour un motif idéologique; créer une grande institution qui ferait du nation building au service de la propagande favorisant l'unité nationale. Québec l'a imité, mû par son obsession de réduire la taille de l'État.

De 1976 à 1984, j’ai apporté, avec mes collègues de l'époque, ma mince et dévouée contribution professionnelle au rayonnement national et international des ANQ. En 2004, j'ai bien voulu croire que la fusion permettrait aux ANQ de mieux se développer, d’assumer pleinement leur mission et de s'imposer au sein de la Francophonie. Aujourd'hui, j'en doute et m'en inquiète.

Le 400e de Québec était une belle occasion pour BANQ de démontrer la justesse de la décision gouvernementale en prenant le leadership de l'organisation, à Québec, d'une méga exposition sur Champlain et son temps : sensibiliser les Québécois de toutes origines à l'installation du premier établissement permanent francophone en Amérique. Car le 400e, c'est plus que des spectacles et des tournois de hockey. C'est la célébration de la naissance d'une nation! C'est à Québec que ça se passe et qu'on doit y venir célébrer!

BANQ a manqué le rendez-vous.

Contexte : Mini-débat sur la fusion des ANQ avec la BNQ et la présence de BANQ à Québec
Opinion publiée dans le journal Le Soleil de Québec

lundi 29 octobre 2007

À propos des accomodements raisonnables

Personnellement, je crois que la question des accommodements mutuels entre Québécois peut trouver une réponse dans la définition qu'on se donne de la société québécoise de 2007. Cette définition doit reposer sur des faits, des faits· historiques et non pas sur des éléments émotifs tels la langue ou l'héritage religieux. Je m'explique.

Alors qu'on soulève actuellement la question de la citoyenneté, de l'adoption d'une constitution, de la modification de la Charte québécoise, nos députés à l'Assemblée nationale du Québec, tous partis confondus, devraient d'abord avoir le courage politique de se lever, de déclarer solennellement et de reconnaître que la société québécoise d'aujourd'hui est composée des 4 groupes suivants; 4 groupes de tailles différentes qui constituent la véritable souche québécoise:

Premièrement, des Québécois d'origine principalement autochtone Ge mentionnerai toujours le mot « principalement » compte tenu de la mixité reconnue des groupes sociaux) qui s'est accommodé et continue de s'accommoder avec les autres groupes. Oui, des Québécois d'origine autochtone : ils furent les premiers sédentaires à s'installer ici et on les laisse toujours pour compte dans ces discussions sur les accommodements.

Deuxièmement, des Québécois d'origine principalement française, dont je fais partie, qui ont progressivement occupé le territoire : le groupe le plus important en nombre, celui qui a façonné la société actuelle en s'accommodant, au cours des 400 dernières années, d'abord avec les Québécois d'origine autochtone, puis avec les autres arrivants; le groupe qui a défendu la langue que la majorité parle aujourd'hui, qui a lutté et qui continue de lutter pour la préserver; le groupe majoritaire qui s'est affranchi dans les années 60 du carcan religieux et qui a progressivement défini les valeurs qu'il souhaite partager.

Troisièmement, des Québécois d'origine principalement anglaise : ceux qui sont brutalement arrivés ici en 1760, qui se sont imposés tant au point de vue économique que politique, mais avec qui des accommodements mutuels ont aussi contribué au développement culturel et social du Québec tel qu'on le connaît aujourd'hui.

Enfin, quatrièmement, des Québécois d'origines diverses, plus variées qui, depuis le XIXe siècle, se sont joints et qui continuent de joindre à nous, groupe avec qui des accommodements mutuels font l'objet des discussions actuelles.

 La société québécoise ainsi définie, voilà à mon sens le vrai « Nous les Québécois » (pas le « Nous les francophones ». Un « Nous » qui a pour conséquence d'évacuer de notre langage et dans le quotidien les notions de communautés culturelles ou ethniques, de minorités culturelles ou visibles, de minorités tout court, d'ethnies... En fait de tout ce qui nous partitionne et qui crée, quoi qu'on en dise, des Québécois de seconde zone. Je propose même que l'on transforme le Ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles en un ministère de la Citoyenneté québécoise, diffuseur et gardien de nos règles politiques, sociales et culturelles.

Sur la base de cette définition, il n'y a que des Québécois dont le ciment social et culturel doit être celui de la langue commune au Québec : le français. Le français langue de communication unique dans toutes les institutions et dans tous les services publics, langue de travail dans les entreprises, langue des affaires, langue obligatoire d'enseignement, principale langue d'affichage et d'étiquetage. Une langue à protéger et surtout à améliorer.

Et pour les échanges internationaux, la maîtrise obligatoire de la langue anglaise et l'encouragement des autres langues maternelles.

Des Québécois qui, ensuite dans une constitution, une charte ou dans des principes de citoyenneté affirment, font la promotion et défendent leurs valeurs communes : démocratie, égalité homme-femme, liberté de parole et d'association, laïcité totale des institutions et des services publics (à ne pas confondre avec la laïcité de la société), liberté religieuse...

Ainsi, je crois qu'il n'y a pas de place pour des accommodements pour quelque religion que ce soit dans notre société, la religion catholique incluse; la liberté religieuse est un acquis pour qui demeure ou s'installe ici. La religion et ses manifestations n'ont aucune place dans nos institutions et nos services publics. La religion est une affaire individuelle et privée : elle se pratique en groupe dans des lieux de culte dédiés : la mosquée, la synagogue, le temple, l'église... Pas à la cabane à sucre, pas à la cafétéria de l'usine, pas dans la salle d'un conseil municipal, pas à l'Assemblée nationale.

[En passant, si le crucifix de l'Assemblée nationale est un élément important du patrimoine religieux québécois, qu'on le mette ne valeur au Musée de la civilisation ou au Musée des Beaux-arts du Québec (où il a plus de chance d'être admiré qu'à l'Assemblée nationale) et qu'on en profite pour le faire côtoyer avec des éléments patrimoniaux issus des autres religions pratiquées ici].

Si un conseiller municipal, un député ou un juge a besoin de se recueillir avant de siéger, qu'il le fasse privément.

Non à quelque accommodement religieux que ce soit, mais oui à des accommodements sociaux, économiques, culturels, de nature physique ou de nature intellectuelle afin de nous enrichir mutuellement. D'ailleurs, je souhaiterais que nous du groupe des Québécois d'origine principalement française qui sommes majoritaires, cessions de nous comporter comme une minorité qui ne reconnaît l'apport de l'immigration que dans un seul sens : l'immigration qui NOUS enrichit culturellement. C'est vrai, mais NOUS AUSSI enrichissons culturellement les nouveaux Québécois déjà arrivés et ceux qui nous rejoindront.

Face à l'immigration, au cours des dernières années, les pouvoirs politiques n'ont pas pris les moyens pour informer les nouveaux arrivants sur la réalité québécoise. On ne peut donc en vouloir à ceux et celles qui revendiquent des accommodements jugés non acceptables. Aussi, nous devrions tous NOUS comporter avec empathie à l'égard de ceux qui n'ont pas été adéquatement informés avant leur arrivée. Soyons optimistes. Si nous croyons vraiment en tant que groupe majoritaire en la défense de notre langue et de nos valeurs, laissons le temps faire son œuvre : notre attitude d'accommodements mutuels et l'influence du quotidien sur les prochaines générations règleront bon nombre des problèmes qui insécurisent certains d'entre nous.

Et pour l'avenir, il est urgent que des correctifs soient immédiatement apportés de sorte que les règles de vie québécoises soient connues à l'avance.

Et s'il le faut, des lois appropriées doivent officialiser les règles à respecter (les projets sur le vote à visage découvert en sont un bel exemple). Cependant, si la Charte canadienne et les tribunaux canadiens nous empêchent en tant que société de définir et d'appliquer nos règles de vie commune, si nous croyons essentiel de nous assurer d'en contrôler la définition et l'application et si la pérennité de notre langue commune ne peut être adéquatement assurée, il nous reste un choix : celui de « Nous les Québécois » nous doter des pouvoirs qui incombent naturellement à un pays.

Contexte : Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables
Mémoire présenté à Québec

vendredi 8 juin 2007

Une 8e merveille à Québec

Bravo pour les 7 merveilles à Québec. Mais saviez-vous qu'il en existe une 8e : on trouve dans la Ville de Québec, plus précisément dans le secteur de la vieille ville et celui de la colline parlementaire, la concentration la plus élevée de Fleurs de Lys très certainement en Amérique du Nord qui ornent les édifices publics, les commerces, le mobilier urbain et les résidences privées. Je sais de quoi je parle : au cours des 4 dernières années, j'ai réalisé un recensement photographique de plus de 300 formes différentes de cet emblème. Incroyable, non? Et je n'ai pas terminé. Il y en a un peu partout sur le terrotoire de la ville : volets, motifs de clôtures et galeries en fer forgé, murets en blocs de béton, rideaux vus de la rue, pierre tombales... Et je n'inclus évidemment pas les intérieurs peu ou pas accessibles au public. Tout un matériel qui pourrait servir à l'organisation d'un rallye (chasse aux Fleurs de Lys), d'un site Web, voire d'une publication à l'occasion du 400e. La plus petite trouvée à ce jour : moins de 0,5 cm. Il y a aussi la plus tordue, la plus stylisée, le plus beau bouquet, la défectueuse…

Contexte : Radio-Canada/Québec : concours "Les 7 merveilles de Québec"
Courriel expédié à la Société Radio-Canada

samedi 14 avril 2007

Le grand ménage des députés dépités

Il est scandaleux de constater qu'un député, homme ou femme, défait à la suite d'un scrutin, détruise des dossiers qui concernent le développement économique, social ou culturel de sa circonscription. Comme si les besoins et les préoccupations des citoyens lui appartenaient personnellement. Un fonctionnaire qui quitte son poste dans une organisation publique (ministère, municipalité, ... ) doit y laisser ses dossiers. La Loi sur les archives l'exige. Simple logique: c'est le principe même de la continuité des affaires. Mais pour un député et un ministre, ça ne s'appliquerait pas? Au nom de la partisanerie? Sans considération du citoyen payeur d'impôt? À quand une modification à la loi pour assujettir les ministres, les députés et le personnel de cabinet aux mêmes pratiques de toute administration responsable? Des dirigeants de sociétés privées n'ont-ils pas été poursuivis et condamnés pour avoir fait disparaître de l'information d'intérêt public? Et s'il faut faire du tri dans le contenu des dossiers pour protéger des renseignements personnels, qu'on s'inspire des règles de conservation des documents des organismes publics. Et qu'on cesse de jeter notre argent à la poubelle, ou au déchiquetage !

Contexte : les suites de l'élection de 2007
Opinion publiée dans le journal Le Soleil de Québec

mercredi 5 juillet 2006

Moins de 5 pieds et 2, vous abstenir!

Il fut un temps où le « macaron » du Festival d'été de Québec donnait accès à un site accueillant (le Pigeonnier), où il était possible de pique niquer en famille en attendant de VOIR, confortablement assis (sur le sol ou dans une chaise), un spectacle de haute qualité, et ce malgré les aléas de la température.

Maintenant, le « laissez-passer », permission d'entrer selon certaines conditions (sur un terrain public, d'ailleurs entretenu avec des fonds publics), donne accès, à la dernière minute, à des pacages à hautes clôtures où on y entasse le bétail des spectateurs jusqu'à occupation du moindre centimètre carré, pour ÉCOUTER un spectacle de haute qualité. Si vous mesurez moins de 5 pieds et 2 pouces, vous n'y verrez que des « spots », avec en prime de la fumée, et les dessous de bras des pauvres vendeurs de bière qui doivent se frayer un chemin, au risque d'échapper leur maigre gagne-pain et blesser un spectateur. Et ce, pendant que des privilégiés, on ne sait trop qui ils sont et pourquoi ils sont là, sont confortablement installés sur une terrasse surélevée. Au Pigeonnier, les meilleures places sont dans l'escalier de l'édifice « G », et aucun laissez-passer n'est encore exigé.

Quant à la scène des Plaines, vaut mieux se munir d'un télescope puissant si on veut apercevoir notre artiste préféré. Les écrans géants ne sont visibles qu'après 21 h 30.

Reste Place d'Youville où on exige le laissez-passer sans vraiment l'exiger. Quand tout le monde envahie « la patinoire », inutile de compter sur le confort relatif des marches du Palais Montcalm pour bien profiter du spectacle. Maintenant la règle à suivre est partout la même : tout le monde debout, au diable ceux et celles qui sont arrivés avant nous : « Tasse-toé mononc! ».

Je défie les organisateurs de l'événement à m'accompagner sur les différents sites, l'an prochain, pour évaluer, sur le terrain, pas sur la rue Saint-Joseph, à quel point un très grand nombre de festivaliers se sentent frustrés : cette frustration se lit clairement dans leur regard, impuissants qu'ils se sentent face à une organisation sourde qui ne les renvoie qu'à des Helmut Lotti ou au clan Dion, où là, y de la place en masse. Pourtant, le droit d'accès à l'excellence leur est promis pour un 16 cm carré lumineux à 20 $.
 
Contexte : Festival d'été
Opinion publiée dans le journal Le Soleil de Québec

mardi 4 avril 2006

Lettre ouverte à tous les membres du Parti Québécois



Je suis un citoyen ordinaire, actuellement membre d'aucun parti politique - j'ai été membre du parti québécois à l'époque de René Lévesque. Au cours des 30 dernières années, j'ai vu évoluer la société québécoise et le parti qui s'est fait le champion de la question nationale : espoirs, promesses, déceptions, amertume ont qualifié les lendemains des années 76, 80 et 95. Le 26 mars 2006, les québécois, exacerbés, ont donné une leçon aux deux partis traditionnels : une sur l'arrogance du discours et l'autre sur la déconnection de la réalité qui transforme le Québec depuis quelques années. Comme plusieurs l'affirment depuis quelques jours, le temps est venu , pour le Parti Québécois, de se repositionner sur l'échiquier politique national dans son engagement politique, social, économique et culturel. J'ose donc ici apporter mon humble contribution à se réalignement nécessaire pour l'avenir de ce parti et celui de notre nation, puis que nous sommes maintenant ainsi reconnus par nos voisins et amis.
 
La nation québécoise et le respect de ses valeurs. Dans les plus brefs délais, le Parti Québécois devrait publier un manifeste qui définisse le concept de nation québécoise. On me permettra la proposition suivante : la nation québécoise est une société laïque, pacifique et pacifiste, inclusive, égalitaire et verte. Elle s'appuie sur les valeurs politiques, sociales, économiques, culturelles et religieuses acquises et défendues par la majorité francophone établie sur son territoire national depuis 1608. Les immigrants qui, au cours des années, ont enrichi la société québécoise par leur apport culturel et ceux qui s'y joindront acceptent de respecter en public et dans leurs relations avec leurs concitoyens de toute origine, les valeurs de la majorité. La langue commune des services publics, celle du travail et celle des affaires est le français. Il est officiellement reconnu que la société québécoise est composée de grands groupes: les Québécois d'origine autochtones, les Québécois d'origine française, les Québécois d'origine anglaise et les Québécois d'origines diverses. Fini les expressions dévalorisantes de communautés ou de minorités ethniques ou culturelles! Tous des québécois à part entière.

Le Parti Québécois, champion de la démocratie. Dans son programme et lors de la prochaine campagne électorale, le Parti Québécois devrait s'engager à faire adopter, dès son élection et comme première loi, une législation sur la représentation régionale (par comté) et proportionnelle, d'une part en fonction des suffrages exprimés et d'autre part assurant la représentativité des groupes composant la société québécoise. De plus, cette loi devrait instituer des élections à date fixe.

Un parti social démocrate. Le Parti Québécois devrait revoir l'ensemble de son programme politique, social, économique et culturel afin d'offrir à la société québécoise un ensemble de lois et de services, dont des services de santé et d'éducation, qui répondent aux besoins réels exprimés par l'ensemble des citoyens. Il devrait proposer des solutions qui intègrent toutes les ressources disponibles, tant publiques que privées, contrôlées et financées par le public.

Un parti à l'écoute des citoyens de toute origine. Afin de s'assurer que son action politique · répondre aux préoccupations de l'ensemble de la société québécoise, le Parti Québécois devrait modifier sa structure interne. Au Comité national des jeunes devraient s'ajouter un Comité national de la famille (au sens large, c'est-à-dire non limité aux jeunes familles), un Comité national des aÎnés (qui seront de plus en plus nombreux aux cours des prochains décennies) et un Comité national des régions. Dès son élection, un gouvernement du Parti Québécois devrait créer, au sein de l'Assemblée nationale, des commissions parlementaires qui auraient pour rôle d'examiner tous les nouveaux projets de lois à la lumière des préoccupations des jeunes, des familles, des aînés et des régions.

La langue commune vs les autres langues parlées. Le Parti Québécois devrait défendre et renforcer les dispositions législatives pour protéger la langue commune et sa prédominance dans l'administration publique et dans le paysage québécois : le français. En parallèle, il devrait adopter une position empathique et prôner la reconnaissance, l'utilisation et la protection de langues secondes tant dans l'affichage public que dans les échanges entre membres d'un même groupe d'origine commune. Il devrait de plus s'engager à inclure dans le système d'éducation national l'enseignement d'une 3e langue, au choix des parents, après le français et l'anglais.

Un Québec vert. Le Parti Québécois devrait proposer à la société québécoise un plan vert dans une Charte du développement durable ainsi que des mesures et obligations qui en ferait un modèle sur la scène internationale.

La question constitutionnelle. Depuis 1976 et jusqu'à tout dernièrement, le projet national du Parti Québécois a toujours été perçu comme un projet négatif de la part de ses opposants québécois et canadiens. Les expressions souveraineté-association (avec ou sans trait d'union), indépendance, souveraineté tout court, voire même l'expression« Québec, un pays», ont toujours été associées aux concepts négatifs de séparation, de destruction du Canada, de partition de territoire. On a toujours joué sur le sens des mots et, encore tout récemment, avec l'approche autonomiste de I'ADQ.

Le Parti Québécois devrait abandonner sa démarche actuelle et proposer une nouvelle approche positive de la question afin de trouver une solution gagnant-gagnant à un problème qui semble insoluble à court, moyen ou long terme : la création d'un Espace économique canadien – EEC (au sens géographique du terme et non pas politique) partagé par deux nations politiquement souveraines sur leurs territoires nationaux respectifs. Une monnaie commune : la monnaie canadienne. Un parlement Canada-Québec (un peu à l'image de Parlement européen) pour assurer l'harmonisation des échanges économiques internes et externes dans le respect de I'ALÉNA, de la libre circulation des biens et des personnes et de tout autre aspect commun aux deux nations partenaires. Chaque nation émettrait évidement ses passeports et contrôlerait ses frontières, comme en Europe. Nous demeurerions canadiens d'un point de vue géographique et économique et nous deviendrions enfin québécois d'un point de vue politique, social et culturel.

Une fois élu, un gouvernement du Parti Québécois devrait créer une Commission apolitique ayant pour objectif de préparer une proposition concrète. Une fois cette proposition adoptée par le Québec, une Commission itinérante apolitique de l'Assemblée nationale devrait être créée afin de parcourir le Québec et chacune des provinces et chacun des territoires canadiens et de rencontrer les membres de la Chambre des communes afin d'expliquer le projet du Québec, de démontrer les avantages pour chacune des parties impliquées et de les convaincre d'y faire adhérer la population. La proposition devrait inclure la tenue d'un référendum décisionnel pancanadien sur l'adoption de cet espace économique et sur la création des deux entités politiques nationales partenaires. Le Bloc québécois serait alors un allié incontournable et influent sur la scène fédérale.

Cette démarche originale et positive ne pourrait qu'être saluée par l'ensemble des nations et la reconnaissance des deux pays ne pourrait inquiéter le monde des affaires, farouche opposant au projet national actuel.

Je soumets ces idées afin d'alimenter les débats qui s'enclencheront bientôt au sein du Parti Québécois. À court terme, il me semble plus important de se concentrer sur la pertinence message plutôt que sur celle du messager. Viendra le temps de déterminer qui peut en être le meilleur porteur de ballon. Entendu bien sûr qu'il peut se décliner au féminin ou au masculin.
 

Contexte : réflexions au sein du Parti Québécois à la suite du scrutin de mars 2006

samedi 25 mars 2006

Le Zoo et le Marigot

Tiens ! Tiens ! Les terrains du Zoo sont convoités ! Et le projet du Marigot avait un œil sur le boisé bien avant que soit avancé la fermeture du Zoo. Ce projet, qui porte d'ailleurs bien son nom (marigot= mare d'eau stagnante selon Larousse), ne pourrait être rentable sans que ses promoteurs, actuellement visés par des hypothèques légales, ne poursuivent le saccage du paysage qu'ils ont déjà réalisé dans le secteur pour y construire un soi-disant château, un terrain de golf et des condes pour fortunés. L'entêtement ou la pleutrerie du ministre Després qui tient à tout prix à tourner la clé dans la porte le 31 mars cacherait-elle un autre Orford? Que dire de la nouvelle députée Verner qui se transforme en piètre patineuse de fantaisie après avoir fait campagne sous le slogan « Changeons pour le vrai » )? Et en Ponce Pilate mauvaise joueuse de Poker, la mairesse Boucher n'y trouverait-elle pas ses intérêts dans la collecte prochaine de nouvelles taxes foncières ? Définitivement, cette triste saga sent de plus en plus en plus mauvais, comme une mare d'eau stagnante !

Contexte : fermeture du Zoo de Québec
Opinion expédiée au journal Le Soleil de Québec et non publiée

jeudi 3 novembre 2005

Les médailles de Pelletier

Maintenant que monsieur Jean Pelletier est blâmé par la Commission Gomery, deux questions me viennent à l'esprit. Cet homme avait-il un comportement similaire alors qu'il était maire de Québec? Quand lui retirera-t-on les médailles que le gouvernement du Canada (Ordre du Canada), que le gouvernement du Québec (officier de l'Ordre national du Québec) et que le gouvernement de la France (commandeur de la Légion d'honneur) lui ont remises? Il ne les mérite plus. Si les gouvernements n'ont pas le courage de le faire, c'est toute la légitimité du mérite de ces honneurs qui sera mise en doute.
 
Contexte : les blâmes de la Commission Gomery
Opinion publiée dans le journal Le Soleil de Québec

vendredi 14 mars 2003

Pourquoi pas un pays ?

Bernard Landry demande aux chefs du PLQ et de l'ADQ: «Pourquoi le Québec est encore une province d'une autre nation?» Le Parti québécois, et le Parti libéral à ses heures, a démontré la maîtrise de la tergiversation entourant les concepts de souveraineté-association (avec ou sans trait d'union), de souveraineté, de souveraineté culturelle, d'indépendance, de séparation, de sécession, de partition ... depuis plus de 30 ans? Pourquoi ne pas avoir fait honneur à l'intelligence de tous les Québécois en leur proposant simplement de faire du Québec un pays, point à la ligne? Peut-être aussi, et peut-être même encore plus, parce que ni le PQ, ni le PLQ et maintenant ni l'ADQ n'ont jamais reconnu officiellement que la société québécoise est composée de Québécois d'origine autochtone, de Québécois d'origine française, de Québécois d'origine britannique et de Québécois d'origines diverses. N'ont-ils pas tous et ne continuent-ils pas tous à entretenir le fractionnement social en qualifiant de «communautés culturelles» celles qui ne sont pas de souche?

Contexte : l’utilisation de l’expression « communautés culturelles »
Opinion publiée dans le journal Le Soleil de Québec

dimanche 9 mars 2003

Pourquoi le Québec est-il encore une province d'une autre nation ?

Au cours de la prochaine campagne électorale, monsieur Bernard Landry veut demander aux chefs du PLQ et de I'ADQ « Pourquoi le Québec est encore une province d'une autre nation? »
 
Un des éléments de réponse ne se trouverait-il pas dans le fait que le Parti québécois, et le Parti libéral à ses heures, ont démontré la maîtrise de la tergiversation entourant les concepts de souveraineté-association (avec ou sans trait d'union), de souveraineté, de souveraineté culturelle, d'indépendance, de séparation, de sécession, de partition, .. . et j'en passe des vertes et des moins mûres qu'on nous a servies depuis plus de 30 ans? Pourquoi ne pas nous avoir fait honneur à l'intelligence de tous les Québécois en leur proposant simplement de faire du Québec un pays, point à la ligne?

Peut-être aussi, et peut-être même encore plus, parce que ni le PQ, ni le PLQ et maintenant ni I'ADQ n'ont jamais reconnu officiellement que la société québécoise est composée de québécois d'origine autochtone, de québécois d'origine française, de québécois d'origine britannique et de québécois d'origines diverses? N'ont-ils pas tous et ne continuent-ils pas tous à entretenir le fractionnement social en qualifiant de « communautés culturelles » celles qui ne sont pas «de souche »?

Quelqu'un dans les hautes officines politiques québécoises s'est-il déjà penché sur l'impact réel d'une telle reconnaissance qui pourrait aller jusqu'à doter le Québec d'un nouveau drapeau plus représentatif de la composition de la société (un peu comme celui de la ville de Montréal qui, par les symboles qui le composent, reconnaît implicitement, le rôle des communautés qui ont contribué à la naissance de la ville)?

Pourquoi ne pas promettre l'enchâssement dans la future constitution du pays de la garantie de la préservation et du développement culturel et linguistique de toutes les composantes de la société québécoise? Et si cela devait se traduire par des changements radicaux dans toutes les manifestations culturelles et officielles, à commencer par la Fête nationale du Québec qui devrait cesser de véhiculer une image unitaire française, blanche et « catholique » pour devenir une fête représentative de la composition multiculturelle et multiethnique de notre société?

Pourquoi ne pas imaginer un pays, dont la langue officielle, bien sûr, serait celle de la majorité, le français, un pays qui se sentirait culturellement enrichi en favorisant la préservation de TOUTES les autres langues parlées sur son territoire (langues autochtones, anglaise, italienne, chinoise, ... )? Est-il impensable qu'un tel pays puisse leur assurer légalement une place concurrente (sans égard à la taille, à la couleur et à la prédominance des caractères utilisés) à la langue française dans l'affichage commercial? Un pays peut-il considérer ses citoyens suffisamment intelligents pour repérer sur une affiche la langue avec laquelle ils sont le plus à l'aise?

Les conditions gagnantes peuvent-elles l'être pour tous?


Opinion envoyée au journal Le Soleil de Québec et non publiée

jeudi 31 janvier 2002

Ma vision d'un futur pays du Québec

Et si l'avenir du Québec devait passer par une nouvelle formation politique de gauche! Un parti social-démocrate qui, à l'article 1 de son programme, engagerait d'abord son action politique et la gestion de l'État et des services publics avec un parti pris en faveur de la classe moyenne et des groupes sociaux moins bien nantis. Un parti qui, à l'article 2 de son programme, ferait du Québec un pays à part entière, dès son élection, mettant fin à toutes les tergiversations entourant les concepts de souveraineté association (avec ou sans trait d'union), de souveraineté, de souveraineté culturelle, d'indépendance, de séparation, de sécession, de partition, ... et j'en passe des vertes et des moins mûres qu'on nous a servies depuis plus de 30 ans. Un parti qui définirait autrement le Québec, un pays.

Un pays qui serait enfin maître de ses décisions par le contrôle de ses lois et de ses moyens financiers mis au service de tous ses citoyens, en relations harmonieuses avec ses voisins (le Canada et les États-Unis) et le reste du monde. Un pays qui mettrait immédiatement en place une Zone de libre échange Canada Québec (ZLÉCQ pour les amants des acronymes) assurant la libre circulation des biens et des personnes de l'Atlantique au Pacifique, un peu à la manière européenne, avec une harmonisation de la gestion de la frontière canada-québécoise avec les États-Unis.

Un pays doté d'une constitution qui énoncerait que la société québécoise est composée des québécois d'origine autochtone, des québécois d'origine française, des québécois d'origine britannique et des québécois d'origines diverses. Un pays qui traduirait cette réalité en choisissant un nouveau drapeau plus représentatif de sa composition sociale (un peu comme celui de la ville de Montréal qui, par les symboles qui le composent, reconnaît implicitement, le rôle des communautés qui ont contribué à la naissance de la ville). Mais un pays qui enchâsserait aussi dans sa constitution la garantie de la préservation et du développement culturel de toutes ses composantes sociales. Ce qui, entre autres, devrait se traduire par des changements radicaux dans toutes les manifestations culturelles et officielles québécoises, à commencer par la Fête nationale du Québec qui devrait cesser de véhiculer une image unitaire française, blanche et « catholique » pour devenir une fête représentative de la composition pluriculturelle et pluriethnique de notre société.

Un pays dont la langue officielle, bien sûr, serait celle de la majorité, le français. Mais un pays qui se sentirait culturellement enrichi en favorisant la préservation de TOUTES les autres langues parlées sur son territoire (langues autochtones, anglaise, italienne, chinoise, ... ), leur assurant légalement lorsque requis une place concurrente (sans égard à la taille, à la couleur et à la prédominance des caractères utilisés) à la langue française dans l'affichage commercial. Un pays qui considérerait tous ces citoyens suffisamment intelligents pour repérer sur une affiche la langue avec laquelle ils sont le plus à l'aise!

Un pays qui aurait pour objectif d'ouvrir au monde l'ensemble de ses citoyens en mettant tout en œuvre pour assurer la maîtrise de la langue française mais qui modifierait ses programmes d'enseignement pour inclure obligatoirement, à partir du début du primaire jusqu'à la fin du secondaire, la maîtrise de l'anglais et de l'espagnol comme langues complémentaires. Et ce pour toutes et tous les jeunes québécoises et québécois fréquentant le réseau d'éducation tant public que privé.

Un pays qui modifierait en profondeur ses institutions administratives. Qui réserverait au sein de son Assemblée nationale un certain nombre de sièges pour des représentants élus des communautés d'origine autochtone, britannique et d'origines diverses. Une Assemblée nationale qui partagerait ses pouvoirs en transférant à des Assemblées régionales souveraines d'élus responsables, par exemple, de la gestion pleine et entière des aspects régionaux et locaux relatifs au développement de l'emploi, au soutien des personnes, des familles et des communautés, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l'environnement, au soutien et au développement de l'agriculture et des pêcheries, au développement culturel, au tourisme, aux services de santé, ... Une Assemblée nationale qui assumerait tous les autres pouvoirs d'intérêt national de développement et de coordination (économie, législations nationales, santé et services sociaux, éducation, culture) et international (relations internationales). Un gouvernement qui modifierait les structures administratives locales en créant des pouvoirs locaux nouveaux pour les communautés autochtones.

En fait, un pays qui rassemblerait ses forces politiques, sociales, économiques et culturelles et qui se définirait des objectifs de société démocrate (qui ne décidera plus jamais à l'encontre de la volonté de ses citoyens en inscrivant cette volonté dans sa constitution), accueillante, pacifiste, respectueuse de son environnement et empathique dans l'offre de ses services publics de santé, de services sociaux et d'éducation. Un pays dans lequel les valeurs humanistes collectives prendraient le dessus sur les conditions individuelles et contribueraient au mieux-être des Québécois de tout âge (particulièrement les jeunes et les personnes âgées), de toute condition sociale, de toute origine. Parce que ce pays, cette société et son gouvernement en auraient les moyens politiques et financiers et s'y engageraient à part entière.

À l'approche des prochaines élections, il est certain que ces propos sont plutôt surréalistes alors que le Parti québécois suggère le changement dans la continuité, le Parti libéral du Québec, la continuité du changement et l'Action démocratique le changement pour ou par le changement (en fait, on ne sait trop). Dans la conjoncture actuelle, je préfère continuer à rêver face à ce dangereux penchant vers la droite qui nous guette.

Opinion envoyée au journal Le Soleil de Québec et non publiée