dimanche 9 mars 2003

Pourquoi le Québec est-il encore une province d'une autre nation ?

Au cours de la prochaine campagne électorale, monsieur Bernard Landry veut demander aux chefs du PLQ et de I'ADQ « Pourquoi le Québec est encore une province d'une autre nation? »
 
Un des éléments de réponse ne se trouverait-il pas dans le fait que le Parti québécois, et le Parti libéral à ses heures, ont démontré la maîtrise de la tergiversation entourant les concepts de souveraineté-association (avec ou sans trait d'union), de souveraineté, de souveraineté culturelle, d'indépendance, de séparation, de sécession, de partition, .. . et j'en passe des vertes et des moins mûres qu'on nous a servies depuis plus de 30 ans? Pourquoi ne pas nous avoir fait honneur à l'intelligence de tous les Québécois en leur proposant simplement de faire du Québec un pays, point à la ligne?

Peut-être aussi, et peut-être même encore plus, parce que ni le PQ, ni le PLQ et maintenant ni I'ADQ n'ont jamais reconnu officiellement que la société québécoise est composée de québécois d'origine autochtone, de québécois d'origine française, de québécois d'origine britannique et de québécois d'origines diverses? N'ont-ils pas tous et ne continuent-ils pas tous à entretenir le fractionnement social en qualifiant de « communautés culturelles » celles qui ne sont pas «de souche »?

Quelqu'un dans les hautes officines politiques québécoises s'est-il déjà penché sur l'impact réel d'une telle reconnaissance qui pourrait aller jusqu'à doter le Québec d'un nouveau drapeau plus représentatif de la composition de la société (un peu comme celui de la ville de Montréal qui, par les symboles qui le composent, reconnaît implicitement, le rôle des communautés qui ont contribué à la naissance de la ville)?

Pourquoi ne pas promettre l'enchâssement dans la future constitution du pays de la garantie de la préservation et du développement culturel et linguistique de toutes les composantes de la société québécoise? Et si cela devait se traduire par des changements radicaux dans toutes les manifestations culturelles et officielles, à commencer par la Fête nationale du Québec qui devrait cesser de véhiculer une image unitaire française, blanche et « catholique » pour devenir une fête représentative de la composition multiculturelle et multiethnique de notre société?

Pourquoi ne pas imaginer un pays, dont la langue officielle, bien sûr, serait celle de la majorité, le français, un pays qui se sentirait culturellement enrichi en favorisant la préservation de TOUTES les autres langues parlées sur son territoire (langues autochtones, anglaise, italienne, chinoise, ... )? Est-il impensable qu'un tel pays puisse leur assurer légalement une place concurrente (sans égard à la taille, à la couleur et à la prédominance des caractères utilisés) à la langue française dans l'affichage commercial? Un pays peut-il considérer ses citoyens suffisamment intelligents pour repérer sur une affiche la langue avec laquelle ils sont le plus à l'aise?

Les conditions gagnantes peuvent-elles l'être pour tous?


Opinion envoyée au journal Le Soleil de Québec et non publiée

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