Traditionnellement,
la défaite en septembre 1759 aux mains des Anglais est considérée comme un
événement négatif dans notre histoire. Bien sûr, nos ancêtres ont beaucoup
souffert à cette époque et on ne peut l’occulter. En abandonnant sa colonie
qu’elle avait entretenue pendant un siècle et demi, la France a coupé le cordon
ombilical qui aurait probablement continué de faire de nous des Français en
Amérique. Pour sa part, le Conquérant a fait l’erreur de nous laisser parler
notre langue, de nous permettre de participer politiquement en tant que
minorité à l’administration du « pays » avec les ratés qu’on connaît et de
laisser nos institutions religieuses assurer pendant plus de 200 ans notre
survie collective : promotion de la famille, éducation, développement culturel
, soins de santé... En 1855, 100 ans après la victoire de Wolfe, lors de
l’arrivée triomphale de La Capricieuse, le premier navire français à mouiller
dans le port de Québec depuis la Conquête, nous n’étions déjà plus des «
Français de France ». Une société et une culture distincte étaient déjà en
devenir. Puis, 100 ans plus tard, avec la Révolution tranquille, nous avons
amorcé progressivement la prise de contrôle sur nos activités économiques.
Force est de constater qu’avec le recul, 1759 a rendu possible, bien que nos
ancêtres ne l’ont pas eu facile, la naissance d’une société francophone
originale et de plus en plus autonome, composée maintenant et pour toujours de
québécois d’origine autochtone, française, britannique et d’une grande diversité
de pays. Dans l’ordre des choses, il ne reste plus qu’une étape à franchir :
reconquérir notre souveraineté politique. Il ne faudrait pas attendre un autre
siècle afin de boucler la boucle.
Contexte : 250 ième anniversaire de la défaite de Québec en 1759
Opinion expédiée et non publiée
dimanche 13 septembre 2009
samedi 15 août 2009
Attention, ça dérape...
J'irai
doit au but: j'ai été profondément choqué, au sens français et québécois du
terme, par le contenu du défilé de la 13e édition des Fêtes que vous dirigez.
Un mélange bizarroïde de défilé militaire, de parade du Carnaval et de la
Nouvelle-France! Pourtant, tout avait bien commencé à un rythme toutefois plus
funéraire que festif: le régiment de Carignan-Salières et 1~ géant Nicolas dit
Noble-Cœur suivi de quelques tableaux composés de figurants ma foi assez intéressants.
Passons pour l'ensemble musical de Fribourg, « volet international» oblige.
Puis, un
premier contingent de cadets de l'armée canadienne (musique oblige semble-t-il)
suivi d'un deuxième et d'un troisième sans oublier le groupe de cornemuses
écossaises. Une condition liée à la subvention« tardive» de 480,000$, peut-être?
Ou simplement un rappel que la Nouvelle-France n'est plus ce qu'elle était
depuis que l'armée de Sa Majesté occupe les hauteurs de la Capitale du Québec?
Parmi les nouveaux géants, un joueur de soccer et d'autres aux thématiques
douteuses. Parmi les figurants, le Pirate des Caraîbes. Une marionnette à fils inspirées
de celles du Carnaval. Des airs de musique contemporaine sans oublier les
groupes de tambourineurs sur cruches d'eau, animateurs de la plupart des
manifestations organisées par des groupes revendicateurs. Cherchez l'erreur. Je
m'attendais même à voir apparaître, en fin de défilé, notre Bonhomme Carnaval
déguisé en coureur des bois. En lieu et place, «Jack in the box»! Tout et rien
à la fois. Un véritable dérapage. Heureusement que la section grand public, gratos
pour l'organisation de l'événement, est venue quelque peu sauver la mise.
De
l'autre côté de la rue, face à cette autre institution militaire qu'est le
Cercle de la garnison où vous semblez avoir eu une belle réception (drôle
d'endroit d'ailleurs pour célébrer la Nouvelle-France : subvention fédérale
oblige, j'imagine), une famille Sikh semblait s'interroger sur le sens de la
Fête. Moi aussi d'ailleurs. Au lieu de parcourir en autocar de luxe avec vos
invités d'honneur le trajet de moins d'un kilomètre qui vous séparait du lieu
du dénouement du défilé, vous auriez dû assumer la responsabilité de cette activité
hétéroclite en ouvrant personnellement la marche. Où sont passés vos acquis
historiques? On peut faire festif tout en étant rigoureux. La preuve, le défilé
de l'année dernière.
Contexte :
défilé de la 13ième édition des Fêtes de la Nouvelle-France
Lettre
ouverte au directeur général, ex-collègue d’études en histoiresamedi 8 août 2009
Bonhomme déguisé en coureur des bois...
J’ai été
profondément choqué, au sens français et québécois du terme, par le contenu du
défilé de la 13e présentation des Fêtes de la Nouvelle-France. Un mélange
bizarroïde de défilé militaire, de parade du Carnaval et de la Nouvelle-France!
Pourtant, tout avait bien commencé à un rythme toutefois plus funéraire que
festif : le régiment de Carignan-Salières et le géant Nicolas dit Noble-Cœur
suivi de quelques tableaux composés de figurants ma foi assez intéressants.
Passons pour l’ensemble musical de Fribourg, « volet international » oblige.
Puis, un
premier contingent de cadets de l’armée canadienne (musique oblige,
semble-t-il) suivi d’un deuxième et d’un troisième sans oublier le groupe de
cornemuses écossaises. Une condition liée à la subvention « tardive » de
480,000 $, peut-être? Ou simplement un rappel que la Nouvelle-France n’est plus
ce qu’elle était depuis que l’armée de Sa Majesté occupe les hauteurs de la
capitale du Québec? Parmi les nouveaux géants, un joueur de soccer et d’autres
aux thématiques douteuses. Parmi les figurants, le Pirate des Caraîbes. Une
marionnette à fils inspirées de celles du Carnaval. Des airs de musique
contemporaine, sans oublier les groupes de tambourineurs sur cruches d’eau,
animateurs de la plupart des manifestations organisées par des groupes
revendicateurs. Cherchez l’erreur. Je m’attendais même à voir apparaître, en
fin de défilé, notre Bonhomme Carnaval déguisé en coureur des bois. Heureusement
que la section grand public, gratos pour l’organisation du défilé, est venue
quelque peu sauver la mise.
Contexte
: Défilé 2009 des Fêtes de la Nouvelle-France
Opinion
publiée dans le journal Le Soleil de
Québec.jeudi 12 mars 2009
Bouquet de 400 fleurs de lys pour le 400e anniversaire de la Ville de Québec
Quand on
offre un cadeau à quelqu’un, quoi de plus blessant que d’accuser réception d’un
refus!
Comme
citoyen de Québec et grand amoureux de ma ville, particulièrement du secteur
classé patrimoine mondial, j’ai eu la naïveté de vouloir offrir un cadeau d’anniversaire
à Québec pour ses 400 ans.
À l’été
2003, j’ai découvert un trésor non caché hérité du rêve de Samuel de Champlain,
exprimé en 1613 dans une lettre qu’il adressait à la Régente de France :
fleurir de lys le territoire sous sa responsabilité. 390 ans plus tard, j’ai
constaté que notre capitale nationale était truffée de ce symbole de notre
francité aux formes d’une variété quasi infinie (dixit le bijoutier Michel
Zimmerman).
Les
photographies qui composent cette murale que j’ai intitulée Bouquet de 400
fleurs de lys pour le 400e anniversaire de la Ville de Québec ont été réalisées
au cours des étés 2004 à 2007 en collaboration avec ma conjointe. J’avais comme
projet de rassembler ce matériel visuel pour la réalisation d’une activité
spéciale (de type rallye) ou de créer une oeuvre d’art. Les deux projets ont
été proposés au comité organisateur des fêtes du 400e qui les a refusés.
Devant
ces refus, j’ai décidé d’installer un des exemplaires originaux de cette murale
(108 x 296 cm) ans les locaux de mon entreprise (GESTAR) et les médias
électroniques (TQS, Radio-Canada et Pierre Champagne dans le journal Le Soleil)
en ont parlé en janvier 2008.
La
Télé-Université, constituante de l'Université du Québec, s'est ensuite montrée
intéressée à l'exposer dans le hall d'entrée de son siège social pendant la
période des festivités. Puis elle est revenue sur sa décision.
Grâce à
l'intervention de Gaston Bernier auprès de Jean Grantham de l'Institut
canadien, la bibliothèque Gabrielle-Roy a accepté d'en exposer un exemplaire du
24 juin au 1er novembre 2008. La murale a alors été installée au poste
d'accueil des usagers de la bibliothèque (nombreux commentaires des clients).
Merci Gaston.
Le 3
juillet 2008, le collectif Commémoration 1608-2008 l'a utilisée pour la
production d'une carte d'anniversaire grand format, la seule carte
d'anniversaire du 400e qui devait être remise aux députés de l'Assemblée
nationale ainsi qu'au Maire de Québec. Un gros merci à Gaston Deschênes et à
Pierre-Paul Sénéchal pour avoir proposé le projet au collectif et merci au
collectif.
Le 15
juillet 20081 Luc Archambault l’a choisie pour illustrer son célèbre Mot de
bienvenue d'un artiste québécois à Sir Paul McCartney (reproduit sur une
affiche qui a d’ailleurs été donnée à la Division des archives de la Ville de
Québec et a fait l'objet d’un dépôt légal à Bibliothèque et Archives nationales
du Québec). Merci Luc d'avoir mis tous les efforts pour que je tienne le coup
pendant la tempête médiatique. Je sais jusqu'à tel point tu as été affecté par
les événements et je garderai toujours en mémoire un certain courriel émouvant
et bouleversant qui témoignait bien ta détresse face aux événements. Mais je
suis convaincu que le but a été atteint : Sir Paul a compris.
En
décembre 2008, la revue L’Action nationale l’a reprise pour illustrer la
couverture de son numéro spécial intitulé Dossier 400e Québec - La mémoire
usurpée. Merci encore à Pierre-Paul Sénéchal
Voyant la
fin de l'année des festivités approcher, j’ai décidé, en septembre 20081 de
reproduire la murale à 50 % de sa taille originale avec encadrement de qualité
archives pour l'offrir en cadeau au nouveau Centre de la francophonie des
Amériques. Cette offre a été présentée en octobre à son directeur général,
monsieur Michel Robitaille. Quelques jours plus tard, une secrétaire de
I’organisation a communiqué avec moi pour décliner l'offre en prétextant la
non-disponibilité de murs pour l'accrocher.
Devant ce
refus, cet encadrement a été offert, en novembre 2008, à la mairie de Québec. Le
maire de la ville, monsieur Régis Labeaume, n'a pas répondu. Aucun accusé
réception.
En
février dernier, j'ai finalement décidé de l'offrir à l'ensemble de mes
concitoyens contemporains et futurs en en faisant le don ainsi que de la
correspondance afférente à la Division des archives de la Ville de Québec qui
en assure maintenant la conservation permanente. Les 400 plus belles fleurs de
lys qui ornent l'extérieur des édifices du Vieux-Québec, toutes différentes les
unes des autres dont certaines sont parties en fumée avec l'incendie du Manège
militaire de Québec. Merci à Jérôme Bégin de la Division des archives de la
Ville de Québec pour avoir rendu possible ce don
Et merci
à Jacques Beaumier et à Jean-François Vallée pour m'avoir permis de vous faire
connaître la petite histoire derrière cette murale « maudite ».
Contexte
: Lancement au Palais Montcalm de l'Anthologie de textes du Collectif
Commémoration Québec 1608-2008 et
condensé des réactions médiatiques : Québec 2008 : des célébrations 400
fois détournées de leur sens
Présentation
de la murale Bouquet de 400 fleurs de lys
pour le 400e anniversaire de la Ville de Québec
dimanche 8 février 2009
Un projet mal avisé
La
commémoration du 250e anniversaire de la bataille des plaines d'Abraham à
laquelle nous convie, à l'été 2009, la Commission des Champs de batailles nationaux,
représente selon nous, un projet mal avisé. À l'évidence, la controverse et
l'indignation qu'il suscite jour après jour doivent être très sérieusement
prises en considération. Quand un projet s'annonce aussi irrecevable
et insoutenable, aucun argument, même puisé dans la trousse des plus
imaginatifs, ne saurait pouvoir le réhabiliter dans 1' opinion publique.
Il nous
paraît en effet abusif de prétendre que l'affrontement de 1759 n'a pas eu une
si grande signification sur la fin de 1 'Amérique française. L'énoncé qu'on
retrouve dans votre Rapport ministériel sur le rendement pour l'année 2006-2007
nous dit le contraire: «Les affrontements de 1759 ont été des plus décisifs,
puisqu'ils ont changé le sort de l 'Amérique». Contrairement à ce qui est
avancé, la défaite qui en a résulté n'est pas que celle de militaires français:
de très nombreux miliciens des paroisses des environs de Québec y étaient
associés, appuyés de façon inconditionnelle par des combattants acadiens et des
alliés autochtones. D'ailleurs, 1759 marquera une fin tragique pour ces
derniers également. Après la reddition de Montréal, les Algonquins vont
poursuivre la lutte sous la direction de Pontiac.
En axant
la commémoration sur une dimension festive, la CCBN occulte totalement les conséquences
humaines et politiques qui ont tragiquement résulté de ces affrontements:
famine, désolation extrême, destruction de la ville de Québec, dévastation
systématique de la Côte-du-Sud, humiliation collective. Plus de 10% de la
population aura péri au cours de cette guerre de la conquête. Le nouveau régime
mis en place aura tôt fait de mettre le peuple de la nouvelle «Province of
Quebec» dans une situation d'isolement et sous la loi d'une capitale et d'un
empire qui n'étaient pas les leurs. Cette guerre aura, c'est évident, des
suites significatives sur le cours de l'histoire du Québec; elle ne peut donc
que revêtir encore aujourd'hui une très grande signification symbolique et
marquer profondément sa culture et son identité.
Ce projet
de la CCBN atteint manifestement les Québécois dans leur dignité. Voilà essentiellement
pourquoi il se doit d'être immédiatement abandonné.
Contexte :
250ième anniversaire de la bataille des Plaines d’Abraham
Lettre au
président de la Commission des Champs de bataille nationauxmardi 27 janvier 2009
Respirons par le nez…
La courte
victoire des armées anglaises en Amérique en 1759 n’est pas l’événement
historique qui est à l’origine de tous nos maux, pour employer une expression
utilisée par les temps qui courent. Elle a été montée en épingle par les
historiens ultranationalistes du début du XXe siècle, tel Maurice Séguin qui
m’a déjà enseigné. Celle des Français, en 1760, a été presque oubliée
probablement parce qu’elle ne servait pas la cause. Les vraies batailles de
cette guerre se sont déroulées en Europe et son issue, en 1763, est
véritablement l’événement qui a créé la situation inconfortable dans laquelle
nous nous retrouvons aujourd’hui. Associer l’état canadien à l’événement de
1759 est aussi ridicule que de placer la Gouverneure générale du Canada dans la
lignée directe de Samuel de Champlain. S’il est un événement qu’il faudrait
souligner, c’est, en 2013, le 250e anniversaire de l’abandon de la France.
Puisque la controverse est le moteur de la nouvelle, je suggère qu’alors des
excuses publiques du gouvernement français soient exigées de la part de l’état
québécois et que des mesures soient prises pour compenser les torts qui nous
ont été causés. Les politiciens courageux sont les bienvenus.
Contexte
: Controverse à propos de la commémoration de la bataille de Québec en 1759
Opinion
expédiée et non publiée dans le journal Le Soleil de Québec.vendredi 9 janvier 2009
Sensibilité identitaire et linguistique
L’émission
Première heure de la Société Radio-Canada/Québec, en collaboration avec l’autre
journal de Québec, nous « offre la chance de gagner un voyage d’une semaine à
Barcelone, en Espagne, et d’apprendre ou de parfaire [notre] espagnol », avec,
entre autres, comme visuel, une photo d’une corrida. Or Barcelone est la
capitale de la Catalogne où la langue principale est le catalan alors que la
langue principale de l’Espagne est le castillan. C’est un peu comme si la radio
nationale espagnole organisait un concours avec comme prix un « voyage d’une
semaine à Québec, au Canada, offrant l’occasion d’apprendre ou de parfaire la
langue anglaise », avec, entre autres, comme visuel, une photo du Stampede de
Calgary!
Contexte
: Concours de Radio-Canada/Québec : gagner un voyage à Barcelone
Opinion
publiée dans la version électronique du journal Le Soleil de Québec.vendredi 26 décembre 2008
Bonne fête Québec, pour la dernière fois en 2008 !
Il y eut
l’éphémère : Charles le français, Paul l’anglais et Céline, la canadienne ou la
québécoise, c’est selon, le moulin et le « Woodstock en Québec » d’un 31
décembre à l’autre. Il y a le permanent : la fontaine, la promenade, le bassin,
l’agora, la baie et quelques œuvres d’art. Il y aurait pu aussi y avoir le
palais. En arrière-plan, les millions conditionnels d’un Canada en quête d’une
nouvelle histoire nationale, un site Web « canadian », parallèle au site
officiel, rappelant que « la langue française est la langue fondatrice du
Canada » et que la « fondation de Québec marque aussi la fondation de l'état
canadien »! Une Ville de Québec, capitale nationale faut-il le rappeler, qui
n’a pas eu le courage d’arborer ses couleurs : le bleu, le blanc et l’or, à tel
point qu’un Sir Paul s’est trompé de drapeau pour souligner la fête. Un moulin
aux images dont l’histoire de la ville s’arrêtait brusquement avec la
révolution tranquille : curieusement les années 1976, 1980 et la secousse
sismique qui ébranla la mosaïque canadienne en 1995 ont été effacées de notre
mémoire. Mais qu’avons nous commémoré en cette année 2008 aux couleurs fuchsia,
fleur d’arbrisseaux d’Amérique latine et de Nouvelle-Zélande qui ne supportent
pas les gelées? De quoi nous souviendrons-nous? Qu’auront appris les nouveaux
arrivants sur l’histoire de la capitale de la Nation dont ils font maintenant
partie? Après 365 jours festifs, qui, parmi les politiciens québécois, dans les
deux sens du mot, peut encore sincèrement se regarder dans un miroir et être
convaincu d’avoir contribué à la promotion des sempiternels intérêts supérieurs
du Québec? Ont-ils oublié que ces intérêts reposent sur ce que nous avons été, sur
ce que nous sommes et sur ce que nous deviendrons : notre identité?
Contexte
: Fin des célébrations du 400e anniversaire de la Ville de Québec
Opinion
expédiée et non publiée dans le journal Le
Soleil de Québec.mercredi 5 novembre 2008
Quand on le veut, on peut!
Le 4
novembre 2008, les Américains ont démontré à l’ensemble des nations du monde la
justesse de cet adage. Plusieurs milliers d’entre eux ont scandé devant la
Maison Blanche « Yes, we did ! » pendant que George W. Bush suivait les
résultats des présidentielles à la télé. Imaginez la scène. Et nous Québécois,
quand aurons-nous la volonté d’agir afin d’assurer notre avenir et la fierté de
nous regrouper devant l’édifice de l’Assemblée nationale pour y crier, haut et
fort, le soir d’un référendum gagnant : « Oui, nous l’avons fait! » J'avoue que
je serai alors tout aussi ému que pouvait l’être hier, à Chicago, le révérend
Jesse Jackson dans la foule venue acclamer Barack Obama.
Contexte
: Élection de Barack Obama
Opinion
publiée dans le journal Le Soleil de Québec.mercredi 24 septembre 2008
Pour que demain se souvienne
Les
autorités de la ville de Québec s'apprêtent à insérer dans le socle du monument
Champlain une caissette contenant des documents illustrant le caractère de la
Capitale nationale du Québec en 2008. Ces documents sont destinés à nos futurs
concitoyens de 2108. Parmi les documents, on retrouverait une copie du site WEB
de la ville ainsi qu'une copie du magnifique film Infiniment Québec de
Jean-Claude Labrecque, tous deux sur support DVD. Dans 100 ans, il y a fort à
parier que la technologie de lecture de ces supports d'aujourd'hui ne sera plus
disponible. Il faudrait peut-être prévoir un support analogique fiable afin
qu'une partie de la mémoire léguée dans cette caissette ne se transforme en
pièce archéologique non significative.
Contexte
: Restauration du monument Champlain
Opinion
expédiée et non publiée dans le journal Le
Soleil de Québeclundi 18 août 2008
Retour sur un détournement de message
L’historien
de formation que je suis est conscient de l’importance du retour aux sources
afin d’interpréter ou de commenter un événement. Les documents, les archives,
informations fixées sur des supports, en sont des témoins tangibles.
Le
message de bienvenue de l’artiste Luc Archambault adressé à Sir Paul McCartney,
diffusé via Internet le 15 juillet 2008, édité, imprimé en 3000 exemplaires et
exposé sous forme d’affiche 2 jours plus tard, est devenu, bien malgré lui, un
document important dans l’histoire des Fêtes du 400e et dans celle de la ville
de Québec. Il est en soi document historique et on commence à peine à prendre
la mesure de la dérive médiatique qui nous a toutes et tous tétanisé. Une
humble action citoyenne, initiée par un artiste québécois appuyée par 27
cosignataires, s’adressant très respectueusement à un grand artiste britannique
en lui souhaitant la plus cordiale des bienvenues pour « célébrer à Québec, le
20 juillet 2008, le 400e anniversaire de Fondation de la Ville de Québec par
Samuel de Champlain », a été transformée contre toute attente en « mouvement
d’opposition ».
Qu’en
était-il du message ? Ce texte long, trop long dans cet univers de
l’immédiateté qui est le nôtre, rédigé dans une langue française exemplaire,
références bibliographiques à l’appui, n’a toujours pas été publié par les
médias qui auraient dû le faire selon les critères journalistiques de
l’équilibre nécessaire dans la présentation de la nouvelle.
Luc
Archambault y invoque d’abord la « classe à part » des Beatles qui ont « marqué
et transfiguré le 20e siècle partout en Occident », y compris au Québec.
Ensuite, il tente de sensibiliser Paul McCartney au contexte de sa visite à
Québec, capitale nationale « du Québec français, des Québécois, toutes origines
confondues ». Il rappelle quelques faits historiques non contestables :
l’épisode de la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques en 1759,
son abandon par la France en 1763, la « répression sanglante de la Rébellion
des Patriotes » en 1837-1838, la « non-reconnaissance du peuple souverain du
Québec » dans l’Acte qui fonde l’État du Canada, la volonté de près de la
moitié des Québécois [qui] ont voté « en faveur d’un État du Québec souverain »
lors du référendum de 1995.
Il attire
l’attention de l’idole, sur le fait qu’en 2008, l’État canadien, fondé en 1867,
« vient de vieillir de 259 ans par la voix de son premier ministre qui prétend
officiellement – de manière absurde – qu’il a été fondé en 1608 par Samuel de
Champlain » et que « selon les organisateurs du 400e [Paul McCartney a été
invité] pour faire de la place aux deux peuples fondateurs, la France et le
Royaume-Uni. Ces deux peuples sont fondateurs… de quoi ? Certainement pas de la
ville de Québec ».
Soit dit
en passant, Parcs Canada – Redoute du Cap Diamant de la Citadelle de Québec,
fait une nette distinction entre les gouverneurs de la Nouvelle-France
(1608-1763), ceux de l’Amérique britannique (1763-1867) et ceux du Canada (de
1867 à nos jours). De plus, la Société du 400e affirme, avec la publication
d’une pièce commémorative, que Champlain est le « fondateur de la
Nouvelle-France qui deviendra plus tard la ville de Québec » !!!
Le texte
se poursuit sur un questionnement portant sur la musique, en tant que « langage
universel » et sur la langue des paroles qui s’y rattachent, en l’occurrence «
anglaises, et de langue anglaise », Luc Archambault attire l’attention de
l’artiste britannique sur la fragilité de la langue française au Québec, entre
autres dans le domaine de la chanson. Seuls « des quotas radiophoniques […]
nous ont permis de résister à l’assaut de la musique anglo-saxonne depuis les
30 dernières années », affirme-t-il. Sans ces quotas, notre musique québécoise
« n’aurait jamais pu survivre, prospérer, devenir ce qu’elle est devenue, de la
Bolduc à Céline Dion… »
Luc
Archambault souligne aussi le peu de place accordée, jusqu’à maintenant, dans
les festivités du 400e à « nos grands de la chanson engagée du Québec », les
Leclerc, Vigneault et Charlebois.
Le texte
se termine sur un rêve de l’auteur : l’intégration utopique par Paul McCartney
du célèbre Les gens de mon pays, comme un « bref clin d’œil au fait français de
nos célébrations ». Et il ajoute : « Peut-être pourriez-vous trouver quelque
chose qui nous permette de comprendre que vous ne viendrez pas ici participer à
la célébration canadienne de la conquête musicale anglo-saxonne, langage
universel devenu, mais bien comme un invité de marque, sensible à nos préoccupations
et au combat qui sont les nôtres, à savoir : exister, dans le concert des
nations. […] Cela, pour que ne disparaisse pas avec nous une partie de la
diversité culturelle de l’humanité ».
Enfin, à
deux reprises, Luc Archambault souhaite encore « la bienvenue à un invité
manifestement sensible à la difficulté d’être qui est la nôtre » et « à la
difficulté de défendre démocratiquement » des principes légitimes.
Et
l’auteur de signer « En tout respect, Luc Archambault, Peintre, sculpteur,
performeur, céramiste et citoyen québécois, d’origine française ».
Ce mot de
bienvenue est aussi accompagné d’un bouquet de fleurs : quoi de mieux pour
souhaiter la bienvenue à un visiteur estimé que de lui offrir un bouquet des
400 plus belles fleurs de lys qui ornent les édifices et le mobilier urbain de
la vieille ville de Québec, un des secrets les mieux gardés de la capitale !
Après
avoir vu la facture du concert de Paul McCartney, le message aurait-il touché
l’ex-Beatle à tel point qu’il n’aura pas fait côtoyer le drapeau britannique
avec celui du Québec comme il l’avait fait à Kiev avec le drapeau national
d’Ukraine ? Poser la question, c’est y répondre. D’ailleurs, comment se fait-il
que la photo de cette scène n’a, à notre connaissance, toujours pas été publiée
par aucun média ?
Bien sûr,
ce texte est engagé, mais il est résolument non-partisan. Il est accueillant,
respectueux, ouvert sur le monde, on ne peut en avoir honte et il ne fait honte
à personne. Il aurait mérité d’être publié intégralement dans les médias pour
éviter de lui faire dire ce qu’il ne disait pas. Personnellement, je n’aurais
jamais accepté de lui associer une miniature de la fresque des 400 fleurs de
lys que j’avais conçue pour souligner le 400e anniversaire de la fondation de
Québec ni d’éditer l’affiche qui pérennise ce message d’accueil d’un artiste
connu de la région de Québec s’il n’en avait été ainsi.
Cette
affiche est un document d’histoire. Un exemplaire du tirage limité de celle-ci
signée et dédicacée de la main des auteurs du texte et de la fresque qui n’a pu
être remise à Paul McCartney, devrait, me semble-t-il, être conservé en
permanence dans es archives de la ville de Québec afin d’effacer à jamais les
traces du détournement de message dont nous avons tous été victimes, dont son
auteur, lui plus que les autres, par les insultes dont on l’a abreuvé
inconsidérément et à tort. Cela, parce qu’on n’a pas pris la peine de vérifier
ses sources journalistiques à la base de cette dérive médiatique sans
précédent.
Cela,
afin que tous les Québécois puissent dire « Je me souviens ». Je me souviens
que trop peu de gens, médusés par la tornade médiatique, ont posé un geste pour
contrer ce formidable et inconsidéré emportement médiatique et politique qui a
eu des répercussions partout dans le monde. Pour qu’on se souvienne que nous
n’avons pas su réagir à temps afin que cet incroyable unanimisme ne survienne
pas. Pour que toutes et tous puissent se souvenir qu’un jour nous nous sommes
collectivement engagés à tout faire pour que cela ne survienne plus jamais.
Cela commence par faire le bilan qui s’impose, j’y contribue ici, me
semble-t-il. En juillet 2008, la liberté d’expression a été bafouée... Le temps
est venu de la restaurer pleinement.
Contexte
: Pseudo controverse sur la venue à Québec de Paul McCartney
Opinion
publiée sur Vigile.netlundi 11 août 2008
Nos géants à nous
Après
avoir vu défiler la soixantaine de géants d'ici et d'Europe sur la
Grande-Allée, une idée m'est venue. Pourquoi ne pas inciter les villes et les
regroupements de villages du Québec à se doter de géants régionaux qui les
représentent bien et à les intégrer dans leurs fêtes locales? Le seigneur de
Montmagny, le géant Beaupré, Alexis le trotteur, le marquis de Vaudreuil, le
Chevalier de Lévis, le grand chef Donnacona, le Sieur de Laviolette, Laure Conan...
Les Fêtes de la Nouvelle-France pourraient aussi compter sur plus d'une
centaine de géants québécois et tenir, chaque année, le plus grand
rassemblement de géants en Amérique.
Contexte
: Défilé 2008 des géants - Fêtes de la Nouvelle-France
Opinion
publiée dans le journal Le Soleil de
Québecmardi 22 juillet 2008
Enfin les couleurs de la Fête
202 jours
après le début des festivités, les vraies couleurs de la Fête de Québec
1608-2008, le bleu et le blanc, ont été pour la première fois arborées dans une
activité officielle de la Société du 400e. Et c'est Sir Paul McCartney, un
Britannique sympathique, sensibilisé et désormais sensible au fait français au
Québec qui est venu redonner tout son sens aux festivités, sous les ovations de
la foule des 250 000 spectateurs auxquels il s'est très largement adressé dans
leur langue commune. Il s'agit d'une bonne leçon pour les organisateurs frileux
du 400e qui ont, pour les dépolitiser, aseptisé subtilement l'ensemble des
manifestations censées célébrer l'histoire de la Capitale nationale du Québec.
Merci Sir Paul pour avoir brillamment démontré qu’ils ont eu tort. Après tout,
les couleurs du Québec ne sont-elles pas la fierté de tous les Québécois,
quelles que soient leurs origines lointaines ou récentes et leurs appartenances
politiques.
Contexte
: Pseudo controverse sur la venue de Paul McCartney à Québec
Opinion
publiée dans la version électronique du journal Le Soleil de Québec.
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