samedi 27 novembre 2010

Les archives, toujours dans la cale

Outré. Je suis outré par les révélations faites récemment à propos du pillage des archives nationales du Québec et de l'incapacité de l'institution de protéger la mémoire «originale» du Québec. J'ai œuvré pendant sept ans au sein des Archives nationales du Québec (ANQ), avant qu'elles soient fusionnées pour des raisons obscures avec la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ). Ottawa l'avait fait, le Québec a suivi! Et la capitaine du nouveau paquebot de verre nous assurait que l'organisation aurait désormais les moyens de remplir sa mission. Constat : foutaise! Les archives sont reléguées à la cale du navire. C'est normal, les archives sont toujours dans des sous-sols sombres et poussiéreux.

On n'a pas de moyens pour récupérer les documents originaux de notre mémoire nationale. L'important c'est que les documents dans leur forme originale soient protégés, même si on n'y a pas accès. D'accord, si les originaux étaient détruits, on peut se contenter de copies. Mais quelle nation qui se respecte, accepte que ses documents fondateurs soient détenus par des étrangers? Pas de moyens pour récupérer et aucune volonté pour garder ici des fonds d'archives privées d'importance. Régulièrement, des collections d'archives de grande valeur pour l'histoire du Québec prennent la route vers les archives du Canada sans que s'y intéresse Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Dans les années 80, le slogan des Archives nationales du Québec était: «les archives, la Mémoire des Québécois». Et on en était tous fiers comme membres de cette institution.

En 2010, c'est un scandale de constater qu'il y a un trou béant dans cette mémoire, une brèche qui ne cesse de s'agrandir en catimini. Le tout fait probablement partie d'une même politique de culture et d'éducation qui vise à faire des Québécois des ignares de leurs origines, incapables d'évaluer et d'orienter à la lumière du passé leur avenir collectif comme Nation en Amérique.

Pas surprenant d'apprendre, le même jour que celui de la publication de ces articles que les nouvelles générations de Québécois ne connaissent même pas les fondements de leur histoire : la Révolution tranquille, c'est quoi ça? Robert Bourassa et Jean Drapeau, connaît pas. Et pourquoi pas René Lévesque, premier ministre du Canada! Que voulez-vous, on n'a pas les moyens ... Au risque de me répéter, outré, je suis outré!

Contexte : Détention de documents d'archives québécois par des institutions étrangères
Opinion publiée dans la version électronique du journal Le Soleil de Québec
 

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