On n'a
pas de moyens pour récupérer les documents originaux de notre mémoire nationale.
L'important c'est que les documents dans leur forme originale soient protégés,
même si on n'y a pas accès. D'accord, si les originaux étaient détruits, on
peut se contenter de copies. Mais quelle nation qui se respecte, accepte que
ses documents fondateurs soient détenus par des étrangers? Pas de moyens pour
récupérer et aucune volonté pour garder ici des fonds d'archives privées
d'importance. Régulièrement, des collections d'archives de grande valeur pour l'histoire
du Québec prennent la route vers les archives du Canada sans que s'y intéresse
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Dans les années 80, le slogan
des Archives nationales du Québec était: «les archives, la Mémoire des
Québécois». Et on en était tous fiers comme membres de cette institution.
En 2010,
c'est un scandale de constater qu'il y a un trou béant dans cette mémoire, une
brèche qui ne cesse de s'agrandir en catimini. Le tout fait probablement partie
d'une même politique de culture et d'éducation qui vise à faire des Québécois
des ignares de leurs origines, incapables d'évaluer et d'orienter à la lumière
du passé leur avenir collectif comme Nation en Amérique.
Pas
surprenant d'apprendre, le même jour que celui de la publication de ces
articles que les nouvelles générations de Québécois ne connaissent même pas les
fondements de leur histoire : la Révolution tranquille, c'est quoi ça? Robert
Bourassa et Jean Drapeau, connaît pas. Et pourquoi pas René Lévesque, premier
ministre du Canada! Que voulez-vous, on n'a pas les moyens ... Au risque de me
répéter, outré, je suis outré!
Contexte : Détention de documents d'archives québécois par des institutions étrangères
Opinion publiée dans la version électronique du journal Le Soleil de Québec
Contexte : Détention de documents d'archives québécois par des institutions étrangères
Opinion publiée dans la version électronique du journal Le Soleil de Québec
