lundi 29 octobre 2007

À propos des accomodements raisonnables

Personnellement, je crois que la question des accommodements mutuels entre Québécois peut trouver une réponse dans la définition qu'on se donne de la société québécoise de 2007. Cette définition doit reposer sur des faits, des faits· historiques et non pas sur des éléments émotifs tels la langue ou l'héritage religieux. Je m'explique.

Alors qu'on soulève actuellement la question de la citoyenneté, de l'adoption d'une constitution, de la modification de la Charte québécoise, nos députés à l'Assemblée nationale du Québec, tous partis confondus, devraient d'abord avoir le courage politique de se lever, de déclarer solennellement et de reconnaître que la société québécoise d'aujourd'hui est composée des 4 groupes suivants; 4 groupes de tailles différentes qui constituent la véritable souche québécoise:

Premièrement, des Québécois d'origine principalement autochtone Ge mentionnerai toujours le mot « principalement » compte tenu de la mixité reconnue des groupes sociaux) qui s'est accommodé et continue de s'accommoder avec les autres groupes. Oui, des Québécois d'origine autochtone : ils furent les premiers sédentaires à s'installer ici et on les laisse toujours pour compte dans ces discussions sur les accommodements.

Deuxièmement, des Québécois d'origine principalement française, dont je fais partie, qui ont progressivement occupé le territoire : le groupe le plus important en nombre, celui qui a façonné la société actuelle en s'accommodant, au cours des 400 dernières années, d'abord avec les Québécois d'origine autochtone, puis avec les autres arrivants; le groupe qui a défendu la langue que la majorité parle aujourd'hui, qui a lutté et qui continue de lutter pour la préserver; le groupe majoritaire qui s'est affranchi dans les années 60 du carcan religieux et qui a progressivement défini les valeurs qu'il souhaite partager.

Troisièmement, des Québécois d'origine principalement anglaise : ceux qui sont brutalement arrivés ici en 1760, qui se sont imposés tant au point de vue économique que politique, mais avec qui des accommodements mutuels ont aussi contribué au développement culturel et social du Québec tel qu'on le connaît aujourd'hui.

Enfin, quatrièmement, des Québécois d'origines diverses, plus variées qui, depuis le XIXe siècle, se sont joints et qui continuent de joindre à nous, groupe avec qui des accommodements mutuels font l'objet des discussions actuelles.

 La société québécoise ainsi définie, voilà à mon sens le vrai « Nous les Québécois » (pas le « Nous les francophones ». Un « Nous » qui a pour conséquence d'évacuer de notre langage et dans le quotidien les notions de communautés culturelles ou ethniques, de minorités culturelles ou visibles, de minorités tout court, d'ethnies... En fait de tout ce qui nous partitionne et qui crée, quoi qu'on en dise, des Québécois de seconde zone. Je propose même que l'on transforme le Ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles en un ministère de la Citoyenneté québécoise, diffuseur et gardien de nos règles politiques, sociales et culturelles.

Sur la base de cette définition, il n'y a que des Québécois dont le ciment social et culturel doit être celui de la langue commune au Québec : le français. Le français langue de communication unique dans toutes les institutions et dans tous les services publics, langue de travail dans les entreprises, langue des affaires, langue obligatoire d'enseignement, principale langue d'affichage et d'étiquetage. Une langue à protéger et surtout à améliorer.

Et pour les échanges internationaux, la maîtrise obligatoire de la langue anglaise et l'encouragement des autres langues maternelles.

Des Québécois qui, ensuite dans une constitution, une charte ou dans des principes de citoyenneté affirment, font la promotion et défendent leurs valeurs communes : démocratie, égalité homme-femme, liberté de parole et d'association, laïcité totale des institutions et des services publics (à ne pas confondre avec la laïcité de la société), liberté religieuse...

Ainsi, je crois qu'il n'y a pas de place pour des accommodements pour quelque religion que ce soit dans notre société, la religion catholique incluse; la liberté religieuse est un acquis pour qui demeure ou s'installe ici. La religion et ses manifestations n'ont aucune place dans nos institutions et nos services publics. La religion est une affaire individuelle et privée : elle se pratique en groupe dans des lieux de culte dédiés : la mosquée, la synagogue, le temple, l'église... Pas à la cabane à sucre, pas à la cafétéria de l'usine, pas dans la salle d'un conseil municipal, pas à l'Assemblée nationale.

[En passant, si le crucifix de l'Assemblée nationale est un élément important du patrimoine religieux québécois, qu'on le mette ne valeur au Musée de la civilisation ou au Musée des Beaux-arts du Québec (où il a plus de chance d'être admiré qu'à l'Assemblée nationale) et qu'on en profite pour le faire côtoyer avec des éléments patrimoniaux issus des autres religions pratiquées ici].

Si un conseiller municipal, un député ou un juge a besoin de se recueillir avant de siéger, qu'il le fasse privément.

Non à quelque accommodement religieux que ce soit, mais oui à des accommodements sociaux, économiques, culturels, de nature physique ou de nature intellectuelle afin de nous enrichir mutuellement. D'ailleurs, je souhaiterais que nous du groupe des Québécois d'origine principalement française qui sommes majoritaires, cessions de nous comporter comme une minorité qui ne reconnaît l'apport de l'immigration que dans un seul sens : l'immigration qui NOUS enrichit culturellement. C'est vrai, mais NOUS AUSSI enrichissons culturellement les nouveaux Québécois déjà arrivés et ceux qui nous rejoindront.

Face à l'immigration, au cours des dernières années, les pouvoirs politiques n'ont pas pris les moyens pour informer les nouveaux arrivants sur la réalité québécoise. On ne peut donc en vouloir à ceux et celles qui revendiquent des accommodements jugés non acceptables. Aussi, nous devrions tous NOUS comporter avec empathie à l'égard de ceux qui n'ont pas été adéquatement informés avant leur arrivée. Soyons optimistes. Si nous croyons vraiment en tant que groupe majoritaire en la défense de notre langue et de nos valeurs, laissons le temps faire son œuvre : notre attitude d'accommodements mutuels et l'influence du quotidien sur les prochaines générations règleront bon nombre des problèmes qui insécurisent certains d'entre nous.

Et pour l'avenir, il est urgent que des correctifs soient immédiatement apportés de sorte que les règles de vie québécoises soient connues à l'avance.

Et s'il le faut, des lois appropriées doivent officialiser les règles à respecter (les projets sur le vote à visage découvert en sont un bel exemple). Cependant, si la Charte canadienne et les tribunaux canadiens nous empêchent en tant que société de définir et d'appliquer nos règles de vie commune, si nous croyons essentiel de nous assurer d'en contrôler la définition et l'application et si la pérennité de notre langue commune ne peut être adéquatement assurée, il nous reste un choix : celui de « Nous les Québécois » nous doter des pouvoirs qui incombent naturellement à un pays.

Contexte : Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables
Mémoire présenté à Québec

vendredi 8 juin 2007

Une 8e merveille à Québec

Bravo pour les 7 merveilles à Québec. Mais saviez-vous qu'il en existe une 8e : on trouve dans la Ville de Québec, plus précisément dans le secteur de la vieille ville et celui de la colline parlementaire, la concentration la plus élevée de Fleurs de Lys très certainement en Amérique du Nord qui ornent les édifices publics, les commerces, le mobilier urbain et les résidences privées. Je sais de quoi je parle : au cours des 4 dernières années, j'ai réalisé un recensement photographique de plus de 300 formes différentes de cet emblème. Incroyable, non? Et je n'ai pas terminé. Il y en a un peu partout sur le terrotoire de la ville : volets, motifs de clôtures et galeries en fer forgé, murets en blocs de béton, rideaux vus de la rue, pierre tombales... Et je n'inclus évidemment pas les intérieurs peu ou pas accessibles au public. Tout un matériel qui pourrait servir à l'organisation d'un rallye (chasse aux Fleurs de Lys), d'un site Web, voire d'une publication à l'occasion du 400e. La plus petite trouvée à ce jour : moins de 0,5 cm. Il y a aussi la plus tordue, la plus stylisée, le plus beau bouquet, la défectueuse…

Contexte : Radio-Canada/Québec : concours "Les 7 merveilles de Québec"
Courriel expédié à la Société Radio-Canada

samedi 14 avril 2007

Le grand ménage des députés dépités

Il est scandaleux de constater qu'un député, homme ou femme, défait à la suite d'un scrutin, détruise des dossiers qui concernent le développement économique, social ou culturel de sa circonscription. Comme si les besoins et les préoccupations des citoyens lui appartenaient personnellement. Un fonctionnaire qui quitte son poste dans une organisation publique (ministère, municipalité, ... ) doit y laisser ses dossiers. La Loi sur les archives l'exige. Simple logique: c'est le principe même de la continuité des affaires. Mais pour un député et un ministre, ça ne s'appliquerait pas? Au nom de la partisanerie? Sans considération du citoyen payeur d'impôt? À quand une modification à la loi pour assujettir les ministres, les députés et le personnel de cabinet aux mêmes pratiques de toute administration responsable? Des dirigeants de sociétés privées n'ont-ils pas été poursuivis et condamnés pour avoir fait disparaître de l'information d'intérêt public? Et s'il faut faire du tri dans le contenu des dossiers pour protéger des renseignements personnels, qu'on s'inspire des règles de conservation des documents des organismes publics. Et qu'on cesse de jeter notre argent à la poubelle, ou au déchiquetage !

Contexte : les suites de l'élection de 2007
Opinion publiée dans le journal Le Soleil de Québec