Maintenant,
le « laissez-passer », permission d'entrer selon certaines conditions (sur un
terrain public, d'ailleurs entretenu avec des fonds publics), donne accès, à la
dernière minute, à des pacages à hautes clôtures où on y entasse le bétail des
spectateurs jusqu'à occupation du moindre centimètre carré, pour ÉCOUTER un
spectacle de haute qualité. Si vous mesurez moins de 5 pieds et 2 pouces, vous
n'y verrez que des « spots », avec en prime de la fumée, et les dessous de bras
des pauvres vendeurs de bière qui doivent se frayer un chemin, au risque
d'échapper leur maigre gagne-pain et blesser un spectateur. Et ce, pendant que
des privilégiés, on ne sait trop qui ils sont et pourquoi ils sont là, sont
confortablement installés sur une terrasse surélevée. Au Pigeonnier, les
meilleures places sont dans l'escalier de l'édifice « G », et aucun
laissez-passer n'est encore exigé.
Quant à
la scène des Plaines, vaut mieux se munir d'un télescope puissant si on veut
apercevoir notre artiste préféré. Les écrans géants ne sont visibles qu'après
21 h 30.
Reste
Place d'Youville où on exige le laissez-passer sans vraiment l'exiger. Quand
tout le monde envahie « la patinoire », inutile de compter sur le confort
relatif des marches du Palais Montcalm pour bien profiter du spectacle.
Maintenant la règle à suivre est partout la même : tout le monde debout, au
diable ceux et celles qui sont arrivés avant nous : « Tasse-toé mononc! ».
Je défie
les organisateurs de l'événement à m'accompagner sur les différents sites, l'an
prochain, pour évaluer, sur le terrain, pas sur la rue Saint-Joseph, à quel
point un très grand nombre de festivaliers se sentent frustrés : cette
frustration se lit clairement dans leur regard, impuissants qu'ils se sentent
face à une organisation sourde qui ne les renvoie qu'à des Helmut Lotti ou au
clan Dion, où là, y de la place en masse. Pourtant, le droit d'accès à
l'excellence leur est promis pour un 16 cm carré lumineux à 20 $.
Contexte
: Festival d'été
Opinion publiée
dans le journal Le Soleil de Québec